Hello les Yearners et bienvenue aux nouveaux créatifs sur notre magazine web entièrement consacré au Do it Yourself. Aujourd’hui nous interviewons Sophia KOLORI une artiste hors normes. Pour en apprendre un petit peu plus sur cette créatrice talentueuse et ses jolies souris en feutrines, je vous laisse lire la suite.

Bonjour Sophia ! Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a amené à devenir créatrice ?

Bonjour. Mon nom est Sophia Kolori et je travaille en tant qu’artiste professionnelle depuis 1993.
Après avoir été diplômée en Art textile, étant toujours très attirée par la création des personnages depuis mon enfance, j’ai décidé de poursuivre des études artistiques plus approfondies en dessin. Rapidement je suis tombée sur l’art du dessin animé et j’ai été immédiatement séduite. Sortant de l’École des Gobelins à Paris j’ai eue l’opportunité de travailler pour des sociétés telles que Walt Disney, Warner Bross et autres. J’ai eu un parcours dans le secteur audiovisuel pendant plus de 15 ans.
Travailler pour le compte d’une entreprise demande beaucoup d’investissement en soi et un grand sens de la collaboration en équipe. Pendant ces années je n’avais pas pu prendre le temps de m’isoler afin de réaliser mes créations personnelles. Après avoir fondé une petite famille, l’illustration se présentait comme plus adaptée pour ma vie privée. Ma spécialisation étant les contes de fées j’ai offert mes services dans la publicité, le jeu-video et l’art conceptuel.
Ma vie familiale m’imposant de plus en plus un horaire sur mesure et étant toujours désireuse de donner vie à mes idées, je me suis mise à mon propre compte.

Comment a commencé cette merveilleuse aventure que représente TENDER MOUSE ?

Tout a commencé avec un dessin d’une petite souris. Étonnement je n’avais plus envie de la mettre en couleur. Alors, je me suis mise à réfléchir à une manière de lui donner vie. Ma fascination pour les fibres naturelles et particulièrement pour la laine, toujours présente dans mon esprit, je me suis laissée tenter par une expérience tri-dimensionnelle utilisant la technique du feutrage à sec. Il s’agit de compresser des fibres de laine sous forme de nuage, à l’aide d’aiguilles à feutrer pour leur donner forme. Cela demande de la patience mais le résultat a valu largement cette peine.
Je me suis sentie immédiatement conquise par cette petite créature qui se tenait devant moi en train… de me regarder souriante. Mon expérience dans les ArtsTextiles m’a aidé techniquement, j’avais gardé un souvenir très agréable de la laine.
Tender mouse est un «curieux fruit» de mes deux expériences artistiques. Ce qui la rend différente c’est qu’elle est en trois dimensions. Elle existe, et nous pouvons la tenir dans notre main. Si vous aimez l’univers des personnages, si vous êtes nostalgiques de vos rêves d’enfant, si le monde féérique vous attire, vous faites partis de ceux qui vont l’apprécier . Aujourd’hui ma collection s’est diversifiée et il y aura bientôt d’autres créations…

lainage

Qu’est-ce qui t’a motivé à te lancer dans cette aventure entrepreneuriale ?

L’impasse. Je devais encore me convertir. J’avais besoin de trouver un moyen pour commencer à vivre de mon art autrement et la seule façon était de l’exporter. En même temps je sentais le besoin d’exprimer ma grande passion, l’univers des contes. J’en suis une adepte depuis mon enfance. J’aime beaucoup mettre en situation des personnages dans leur univers, idée que j’aimerai pousser plus loin avec le feutrage/lainage. Pour le moment on peut déjà prendre plaisir à voir ces petites créatures vivre dans notre quotidien…

Tes créations en lainage sont-elles uniquement le fruit de de ton imagination ou as-tu des sources d’inspirations ?

En tant que dessinatrice j’ai eu toujours l’habitude de chercher l’inspiration dans la réalité. J’ai alors dû observer le vrai petit mammifère d’abord. C’est le cas pour toutes mes créatures. Cependant, être très fidèle à la réalité ne m’intéresse pas trop, j’aime caricaturer et personnaliser mes sujets, pour les rendre uniques et proches de mon univers.

En tant que partenaire Yearn (pour le concours), tu encourages le Do It Yourself, cela ne représente-t-il pas un risque pour ton activité d’apprendre aux gens à tout faire eux-même ?

Dans le DIY il y a deux catégories qui se démarquent. On peut pratiquer le DIY pour soi-même par plaisir de créer où travailler comme professionnel.
Pour ces deux cas, le niveau d’exigence et la motivation n’est pas la même. Les règles du jeu et le contexte sont différentes pour une personne qui en fait son métier et quelqu’un qui pratique par plaisir le DIY. Il n’est pas possible de faire tout soi-même, ceci demanderait un effort et un temps considérable. À noter, qu’il y a aussi la signature d’un auteur dont l’univers lui appartient et lui est propre.

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Que représente le Do it Yourself pour toi ? Selon-toi quelles en sont les limites ?

Je vois le DIY de plusieurs façons : une passion, un moyen de s’échapper de notre quotidien, de s’exprimer en tant qu’auteur, mais aussi un moyen de gagner sa vie si l’audience répond positivement.
Le temps et la difficulté sont les limites fixés par l’intéressé lui-même. Dans le cas où le DIY est un simple hobby personnel on n’est pas bousculé par une quota de production mais motivés par le désir d’expérimenter. Il ne s’agit pas d’une compétition nécessitant de se surpasser, il faut juste se faire plaisir. Que vouloir de plus ?
Si nous décidons de faire de nos créations un produit de vente, nous sommes face à un métier avec de multiples exigences. Nous conduisons le navire seul et devons assumer la stratégie et le risques. Ce qui veut aussi dire de l’investissement, de la compétition, une conquête d’audience avec marketing, distribution, gestion etc. C’est loin d’être simple et le plaisir n’est pas du tout le même.

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Où vends-tu tes créations et quelles sont les meilleures plateformes de ventes selon toi ?

Bien que mes créations soient sur Etsy je ne suis pas une fan des plateformes de ventes. Nous n’avons pas le contrôle de notre boutique. Elle n’est pas notre propriété mais celle du fournisseur. Il faut accepter des inconvénients, voire des risques graves, comme avoir sa boutique fermée par son fournisseur pour une raison «justifiée» ou involontaire. On peut trouver sur internet une multitude de tels cas. Ma boutique sur Etsy est relativement récente. J’ai pris aussi du temps à mettre mes créations en ligne. Ce n’est qu’en octobre dernier que je me suis mise à la remplir et j’ai vite réalisé que j’ai été limitée en matière de personnalisation. Je suis également heureuse d’annoncer que mon site apparaîtra bientôt en ligne : www.tendermouse.com. L’idée d’avoir pleinement contrôle de son image est aussi important que rassurant.

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Il n’y a pas vraiment de «meilleure plateforme» mais celle qui conviendrait le mieux à notre création.On la choisit en fonction du type de l’objet, de la cible et des frais associés à la plateforme. Etsy reste spécialisée dans l’art du «fait-main» mais elle n’est pas la seule. C’est un grand marché avec ses inconvénients. La concurrence est mondiale avec une compétition rude et un risque élevé de passer inaperçu. C’est aussi le cas des grandes plateformes comme Ebay, Amazon, Dawada etc…, cela dépend du type de produit vendu. La concurrence est moindre pour «a little market» ou le marché local est très privilégié par exemple. Pour ce qui est du principe de fonctionnement, toutes ces plateformes sont similaires avec des petites différences, notamment la façon dont elles facturent.

Sophia Kolori, l’aventure continue, alors comment vois-tu ton activité dans les années à venir ?

Avec le temps j’ai appris à me faire confiance pour mes choix. Dans ma carrière en animation on passait notre temps à écouter les instructions et les critiques sur notre travail. Ainsi, on finissait par ne plus avoir «d’opinion» au risque de ne pas satisfaire «le client».

À présent, il s’agit du contraire. Séduire un public avec mes créations dont je suis le seul auteur et décideur. Je me laisse donc porter par le courant de mes envies, m’exprimant artistiquement parlant de la manière la plus sincère et authentique possible. Si cela plait à mon audience j’en suis doublement ravie. J’aime l’idée que mon art puisse «transporter» ailleurs les passionnés. J’aimerai pousser plus loin mes créations et bâtir un réel univers autour.
L’univers du conte qui est ma grande passion et reste pour moi encore en ce sens un défi.

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Merci Sophia Kolori pour cette magnifique interview qui nous a permis d’en apprendre beaucoup plus sur le lainage, la créatrice que tu es et tes envies créatives. Si vous avez envie de découvrir d’autres interviews de ce type, je vous laisse jeter un coup d’œil à la rubrique sobrement intitulée : Interviews.

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